Des migrants africains retrouvés morts en mer
Jeudi 10 juillet 2008
Quatorze migrants originaires d'Afrique sub-saharienne, dont neuf jeunes enfants, sont morts à bord d'un bateau qui les transportait vers le sud de l'Espagne, a annoncé la radio espagnole citant
des survivants.
La radio a indiqué qu'une patrouille de la police maritime avait intercepté le bateau pendant la nuit au large de la province d'Almeria (sud) avec 35 survivant à bord, dont trois femmes
enceintes.
Les survivants ont indiqué que 14 personnes étaient mortes au cours du voyage, dont neuf enfants âgés de 12 mois à quatre ans, a précisé la radio.
Selon l'agence Europa Press, une quinzième personne a succombé, une femme dont le corps a été retrouvé sur le bateau.
La police interroge les survivants pour tenter de déterminer ce qui est arrivé aux 14 autres personnes, bien qu'ils pensent que leurs corps aient vraisemblablement été jetés par dessus bord, a
précisé l'agence.
L'agence a précisé que les survivants étaient physiquement affaiblis à leur arrivée sur la côte.
Au total, 921 immigrants illégaux sont morts en 2007 en essayant d'atteindre les côtes espagnoles, selon APDH-A, une organisation des droits de l'Homme andalouse.
Parmi eux, 732 ont péri au début de leur voyage près de la côte ouest de l'Afrique du Nord et 189 près des côtes espagnoles, selon l'organisation.
La plupart d'entre eux, 629, étaient originaires d'Afrique sub-saharienne, 287 venaient du Maghreb et cinq étaient asiatiques.
L'Espagne a attiré ces dernières années les immigrants désireux de se rendre en Europe, essentiellement via les îles Canaries, au large des côtes africaines du nord-ouest.
Des patrouilles aériennes et maritimes plus nombreuses et des accords de rapatriation signés entre l'Espagne et plusieurs pays africains ont fait décliner le nombre de candidats à l'immigration.
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TI France relance la plainte visant les biens détenus en France par cinq Chefs d'Etats africains
Au côté de ressortissants gabonais et congolais, TI France a déposé mercredi 9 juillet 2008 une nouvelle plainte simple pour recel de détournements d'argent public visant les conditions dans
lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par les Chefs d'Etats Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Omar Bongo (Gabon), Téodoro Obiang (Guinée
Equatoriale), Blaise Compaore (Burkina Faso), Eduardo Dos Santos (Angola) ainsi que les membres de leur entourage.
Cette initiative fait suite à une première plainte déposée en mars 2007 par les associations Sherpa, Survie et Les Congolais de la Diaspora. Malgré 34 procès verbaux aux conclusions édifiantes,
la plainte avait été classée sans suite. En rejoignant cette action, TI France, dont l'objet social est la lutte contre la corruption, favorise la recevabilité de la nouvelle plainte et rappelle
son engagement en faveur de la restitution des avoirs détournés et de la reconnaissance des droits des victimes de la corruption.
La restitution des avoirs détournés, une priorité de Transparency International
La restitution des avoirs détournés par les dirigeants indélicats est une priorité de Transparency International qui a beaucoup œuvré pour que ce principe figure dans la convention des Nations
unies contre la corruption (convention dite de Mérida, 2003). Aujourd'hui, il s'agit du chapitre de la convention autour duquel existe le plus fort consensus parmi les pays signataires, tant au
Sud qu'au Nord.
Depuis plusieurs années, différents observateurs ont recueilli des d'informations faisant état du fait que les dirigeants visés par la plainte ou certains membres de leur famille avaient, alors
qu'ils étaient en fonction ou postérieurement, acquis ou fait acquérir des biens immobiliers sur le territoire français. Il est certain également que, pour partie, ces mêmes dirigeants ont plus
ou moins simultanément constitué des patrimoines mobiliers, c'est-à-dire ont logé des avoirs bancaires en France, auprès de banques françaises ou de banques étrangères ayant des activités en
France.
Personne ne peut croire sérieusement que ces biens immobiliers, dont la valeur est aujourd'hui pour certains d'entre eux de plusieurs millions d'euros, ont pu être acquis par le seul fruit des
rémunérations de ces dirigeants.
Il existe pour certains d'entre eux de très sérieuses présomptions d'être ou d'avoir été les instigateurs de détournements de biens publics pour des montants considérables. Ces soupçons ne sont
pas le fruit d'un procès d'intention mais sont corroborés par des rapports très documentés, provenant notamment d'institutions financières internationales, voire de créanciers de ces Etats.
Cette observation est encore plus valable s'agissant des membres de la famille de ces dirigeants africains, lorsqu'ils apparaissent comme propriétaires d'un certain nombre de biens puisque, dans
bien des cas, ils sont sans profession ou leur profession est ignorée.
Remobiliser l'attention de l'opinion sur les biens mal acquis placés en France
La première plainte déposée en mars 2007 par les associations Sherpa, Survie et Les Congolais de la Diaspora a eu l'immense mérite d'attirer l'attention de l'opinion française sur le patrimoine
détenu en France par les cinq chefs d'Etats.
En prenant le relai des trois premières associations au côté de contribuables gabonais, et congolais, l'objectif de TI est donc de maintenir la pression et de refocaliser l'attention de l'opinion
sur le patrimoine français des cinq chefs d'Etat. L'avantage qu'il y a à ce que TI France se joigne à cette action est que la lutte contre la corruption figure au cœur de ses statuts ce qui
devrait favoriser la recevabilité de la nouvelle plainte.
Notre volonté est d'aider les victimes des détournements de fonds publics à les contester et à faire valoir leurs droits de recouvrir les avoirs détournés. Nous souhaitons également que l'Etat
français s'assure que l'argent de la corruption n'est pas recyclé au travers d'investissements réalisés sur le territoire français.
Télécharger le communiqué du 10 juillet 2008.
En savoir plus sur l'action en justice de TI France
Rappel des engagements français
Au soir de son élection, le Président de la République s'est engagé à aider l'Afrique à sortir de la pauvreté. S'assurer que des avoirs détenus en France n'ont pas pour origine des détournements
de fonds publics en Afrique doit à l'évidence relever de cet engagement.
La France a ratifié en 2005 la convention des Nations unies contre la corruption qui prévoit :
- que « chaque État Partie doit prendre les mesures nécessaires, conformément aux principes de son droit interne, pour donner aux entités ou personnes qui ont subi un préjudice du fait d'un acte
de corruption le droit d'engager une action en justice à l'encontre des responsables dudit préjudice en vue d'obtenir réparation. »
- la restitution des avoirs détournés aux pays d'origine, question sur laquelle la France s'était fortement engagée lors du Sommet du G8 à Evian en 2003.

