Mouvance Partenia

Cet espace est ouvert aux membres de la  MOUVANCE PARTENIA  et  à leurs amis
  

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Nous luttons contre la pauvreté et contre l'exclusion, là où nous habitons

 Vos contributions sont les bienvenues.     
Vous pouvez les envoyer à gerardw@spiritains.org     MERCI !

                                                                                                                                                                   Présentation de    Partenia 2000 

 
       
    ANNUAIRE DES SITES AMIS                                     LES  VIDEOS                                   LIVRE D'OR


En 2008, rendez vous aussi sur :
http://avenirpartenia.over-blog.com/

Allocution de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, prononcée à l'Université de Dakar.  

Voir :
http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_a_l_universite_de_dakar.79184.html



Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy. Plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre au président français. ({Libération} vendredi 10 août 2007) 



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http://www.liberation.fr/rebonds/271587.FR.php  
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Antananarivo, le 3 août 2007 
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Monsieur le Président, 
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Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler - nous les Africains -, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également. 
Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit... Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons. 
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Vous étiez donc venu - vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections - connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises - le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf. 
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Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ? 
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Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des « justes ». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances - dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une « renaissance africaine », venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates. 
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Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ? 
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Sincèrement et franchement à vous. 
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Raharimanana et les écrivains Boubacar Boris Diop (Sénégal), Abderrahman Beggar (Maroc, Canada), Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad), Kangni Alem (université de Lomé), et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

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Voir aussi : 
http://www.partenia2000.over-blog.com/article-11602540.html
Transmis par Cedric Lemonnier

Communiqué de presse
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Fédération CNT Santé Social & FPT

33 rue des Vignoles

75020 Paris

Tel: 06 28 33 42 43

E-mail: fede.sante-social@cnt-f.org



Solidarité avec les délinquants du travail social !

La fédération CNT santé social & FPT tient à condamner la répression dont
fait l'objet Catherine Bernard, assistante sociale de l'association «
solidarité femmes » de Belfort, pour avoir simplement exercé sa profession.

En effet, suite à l'aide qu'elle a apporté dans le cadre de ses fonctions à
une femme migrante victime de violences conjugales, Catherine Bernard a été
convoqué par la PAF puis placée en garde à vue le 17 juillet dernier sous
l'accusation « d'aide au séjour irrégulier ».

Il s'agit ni plus ni moins d'une tentative d'intimidation visant à dissuader
les travailleurs sociaux d'intervenir auprès d'une population que le
gouvernement considère comme indésirable : les personnes sans papiers.
Privés de droits sociaux, refusés par un nombre croissant de structures
d'hébergement, soumis à une extrême précarité.l'objectif est maintenant
d'asphyxier les plus fragiles d'entre elles en leur coupant toute
possibilité d'accès à un travailleur social.

Après la loi sur la prévention de la délinquance destinée à transformer les
travailleurs sociaux en délateurs, l'heure est désormais à la
criminalisation de leur pratique professionnelle et de leur déontologie.
Dans cette guerre déclarée ouvertement aux pauvres, il apparaît clairement
que le gouvernement cherche à contraindre les professionnels du social à
choisir leur camp : auxiliaire de police au service d'un Etat oppresseur, ou
criminel au service des personnes oppressées !

La fédération CNT santé social & FPT exprime tout son soutien et toute sa
solidarité à Catherine Bernard, réprimée pour n'avoir rien fait d'autre que
son travail d'assistante sociale. Elle tient également à inciter tous les
travailleurs sociaux à s'organiser collectivement pour résister à la
criminalisation de leurs métiers mais aussi à celle des populations dont ils
s'occupent quotidiennement.

Refusons l'instrumentalisation du travail social à des fins répressives et
développons la solidarité !

Fait à Paris le 10août 2007

http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/actualites.htm

2.jpgColloque

 
International   Interculturel   Interconvictionnel
 
En Europe, riches de nos convictions et de nos cultures différentes,
comment vivre ensemble libres, solidaires et responsables ?
 
Venez y réfléchir et en débattre au cours du colloque :
 
Cohésion sociale dans une Europe multiculturelle,
rôle et impact des courants de pensée et des religions
 
organisé à Strasbourg
dans le cadre des activités de la Conférence des OING du Conseil de l’Europe
par le groupe « G 3 i »1[1], groupe international, interculturel et interconvictionnel.
 
mercredi 3 octobre 2007 à 20h30 à l’université Marc Bloch,
place de l’université, salle Pasteur
jeudi 4 octobre 2007 à 9h au Conseil de l’Europe
 
 
Vous serez notamment invités à débattre des questions suivantes
 
Comment briser les barrières sociales, convictionnelles et culturelles ?
Comment contribuer à la construction d’une Europe cohésive
dans le respect de la démocratie et des droits humains ?
Quelles valeurs partager, quelles attitudes adopter ?
 
inscription obligatoire et gratuite
pour accéder au Conseil de l’Europe
en indiquant nom, adresse postale, courriel et organisme (facultatif) à
droits.libertés.eglises@erenis.fr
ou par courrier à DLE 95 avenue du Maine 75014 Paris, au plus tard le 15 septembre


[1] le G3i, regroupe des membres du cercle Gaston Crémieux (association de culture juive), de la Fédération
Humaniste Européenne, de la Ligue Internationale de l’Enseignement et de la Culture, du Manifeste des
Libertés (association de culture musulmane) et du Réseau Européen Eglises et Libertés (associations de
convictions chrétiennes)
 

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http://www.coe.int/T/F/ONG/Public/
Transmis par Maurice Oudet 
 
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Les citoyens européens doivent savoir !
 
Il y a tout juste deux ans (le 5 août 2005), j'écrivais un article intitulé :
"Les corrompus, le corrupteur". 
Lire
http://www.abcburkina.net/content/view/169/45/lang,fr/
 
 
Aujourd'hui, ce qui se passait dans l'ombre est maintenant manifeste ! La Commission européenne, qui a toujours prétendu que le FED[1]n'était pas lié à la signature des APE (Accord de Partenariat Economique), vient de menacer explicitement les pays ACP (les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique) de la région Pacifique de leur couper le FED s'ils ne signent pas l'A.P.E.[2]avant le 31 décembre 2007. C'est - à - dire que si les pays du Pacifique ne signent pas l'Accord de Partenariat Economique dans la forme et à la date proposée par la Commission Européenne, la part du 10° FED qui a été attribuée au Pacifique et annoncée solennellement par le commissaire européen Louis Michel sera amputée de 48 % (excusez du peu !).
 
(Sources : un courrier électronique du député Francesco Affinito (Deputy Heat of the Pacific Unit, DG DEV, Brussels, 29/07/07) et un article de Islands Business PACP trade ministers reject EU’s push to link development aid to EPA ).
 
En clair, cela veut dire que l'Union Européenne qui annonce à toutes les occasions qu'elle va augmenter son aide au développement, menace de la réduire de moitié si les pays ACP ne signent pas avant la fin de l'année les Accords de Partenariat Economique (qui sont des accords de libre-échange).
 
Pourtant, il y a quelques mois, nous étions une trentaine à l'ambassade de la Commission européenne de Ouagadougou. Nous étions invités pour échanger avec les représentants de la Commission européenne venus poursuivre les négociations en vue d'un Accord de Partenariat Economique avec la CEDEAO (les pays de l'Afrique de l'Ouest). Au cours de cette réunion, j'ai demandé que les gouvernements des Etats européens déclarent solennellement que les APE et le FED n'étaient pas liés. Il n'y a pas eu de réponse à ma demande précise, mais il nous a été affirmé avec force qu'il n'y avait pas de lien entre les APE et le FED. Aujourd'hui, il apparaît que la Commission Européenne nous a menti !
 
Voilà comment se comporte la Commission Européenne vis - à - vis des pays ACP, parmi lesquels se trouvent les pays les plus pauvres du monde (comme le Burkina Faso et le Niger). L'Union Européenne parle de partenariat, mais ici il prend la forme de la menace et du mensonge ! Nous invitons tous les européens qui souhaitent que s'établissent de véritables partenariats entre l'Europe et les pays ACP à interpeller leurs gouvernements respectifs pour que le mandat de la Commission Européenne soit corrigé et respecte les pays ACP qui savent que la libéralisation du commerce ne peut pas, à elle seule, assurer leur développement.
 
Koudougou, le 5 août 2007     Maurice Oudet Président du SEDELAN


[1]F .E.D.= Fonds Européen
[2]A.P.E. = Accords de Partenariats Économiques
 
Partenia 2000, qui a pour objectif de lutter contre l’ exclusion, que ce soit dans la société ou dans l’Eglise, ne peut que se sentir solidaire de nos frères madrilènes.
Gérard Warenghem
 

Transmis par Hubert Tournes
 
 
DECLARATION DE LA PAROISSE DE S. CARLOS BORROMEO
 
Madrid
 
Devant la situation de désarroi créée en ces derniers mois et comme nous continuons à ne pas comprendre la nécessité de fermer notre paroisse, nous offrons à l'Eglise et à tous ceux qui nous ont soutenus dans cette période, une vision de ce que nous avons expérimenté et sommes en train de vivre et du chemin que nous allons continuer à parcourir, en communion et en dialogue avec l'Eglise, dont la richesse naît de l'unité dans la diversité, puisque le message de l'Evangile est une offre faite à tous les êtres humains sans distinction de race, de credo, de culture ou de sexe.
 
Au début des années 80 commencèrent à arriver des gamins dans quelques paroisses de nos quartiers, demandant de l'aide pour leurs problèmes de dépendance à la drogue, essentiellement mais derrière lesquels il y en avait bien d'autres. Beaucoup étaient à la rue et commettaient des délits plus ou moins graves. Surgirent des peurs chez quelques paroissiens et les prêtres, ce qui suscita un débat sur la question de savoir si dans la paroisse on pouvait venir en aide à des jeunes ayant ce type de problèmes. C'est dans ces circonstances que se lança l'expérience à San Carlos Borromeo en 1981 avec le soutien de l'évêque Alberto Iniesta, le Cardinal archevêque de Madrid étant Enrique Tarancón, la paroisse se consacrant préférentiellement à la marginalisation. En 1986 elle cessa d'être territoriale, à l'initiative de l'évêque García Gasco, le cardinal de Madrid étant Angel Suquia.
 
Les enfants et les mères
Depuis le début accouraient affluaient à la paroisse de nombreux jeunes et leur famille, demandant de l'aide pour sortir de leur situation. Les mères ne comprenaient pas ce qui arrivaient à leurs fils hijos, parlaient de mauvaises fréquentations et se sentaient stigmatisées par les parents et les voisins. Elles ne savaient pas non plus répondre aux problèmes de leurs enfants. Nous commençames à tenir des réunions avec elles et quelques pères. Bientôt elles commcèrent à vivre la mort de leurs rejetons, les descentes violentes de la police dans leurs maisons, les tortures de leurs enfants dans les commissariats et dans les prisons, y compris quelque morts dans ces centres. La paroisse se convertissait en un lieu de douleur que partageaient les paroissiens qui se consacraient aux diverses activités paroissiales. En peu d'années ils décidèrent que leur vie n'avait pas de sens sans la lutte pour leurs enfants et commencèrent à se rendre en groupes dans les commissariats, dans les tribunaux et les prisons, dénonçant tout ce dont ils avaient connaissance, entre autres, les escroqueries de la part de certains avocats et officiers de justice, les menaces, la corruption et la   connivence policières en matière de narcotrafic. En plus de cela ils s'occupaient des enfants hijos d'autres mères et les réconfortaient.
Les garçons affluèrent de toutes parts avec leurs carences affectives, au début c'étaient les fils des familles les plus pauvres et les plus délaissés socialement et humainement. Ils ont pour la plupart connu l'abandon et l'échec scolaire, la rue a été leur espace vital, ils sont passés par des centres ou prisons pour mineurs, ils connaissent les mauvais traitements et les tortures, la stigmatisation comme des maux sans solution, avec les peurs et l'insécurité. Nos maisons se sont ouvertes à eux, nous avons cherché du travail et créé de l'autoemploi. Ils étaient une table rase quant à l'éthique et au religieux parce qu'ils ne connaissaient pas l'affection. A travers l'accueil, l'appui inconditionnel et leur défense en tant de choses, naquit la tendresse et avec elle la sécurité, la capacité d'estime de soi et, finalement, le sens éthique, le désir de ne pas faire de mal et de répondre à ce qu'on faisait avec eux
 
Parcours de foi
Logiquement ce furent les funérailles de tant de garçons qui faisaient courir « les collègues » et amis à une célébration autour de la table de Jésus et de sa bonne nouvelle. Leur premier contact était de la découvrir comme la table des exclus, des rejetés, des pauvres. Jésus les invitait, nous invitait à découvrir la Bonne nouvelle, le royaume de l'amour et de la justice. Je peux communier?, demandait l'un d'eux. Le curé dit que Jésus nous invite, lui répondait un autre. Le thème central était la résurrection: Aucun pouvoir ne peut nous détruire si nous vivons la bonne nouvelle de Jésus, l'amour et la solidarité ou communion, proclamait-on et nous adaptions le langage de la liturgie à leur capacité de compréhension. Un jour un garçon questionnait un des prêtres sur la résurrection. Le prêtre tentait de lui expliquer et le garçon répondit: Je ne vous comprends pas, mais quand tu meurs, je te prends la main et , où tu vas, je vais. Peu après nous rappelions, dans une eucharistie, la demande du bon larron à Jésus sur la croix: Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume. Ensemble nous découvrons la foi comme le moteur de nos vies. Les jeunes enfants et les mères ont vite compris les gestes libérateurs de Jésus de guérison et d'expulsion des démons: ta foi t'a guéri. Entendons que notre foi réussit à nous faire sortir de situations d'impuissance et nous fait vaincre nos peurs: pourquoi avez-vour peur, hommes de peu de foi?
Initialement nous avons tenté d'explorer le Jésus historique pour découvrir en qui nous croyons. Ils se sont identifiés avec le Jésus qui apporte la Bonne nouvelle aux pauvres et, peu à peu, ont retrouvé la capacité d'estime de soi et l'aide aux autres.
Ils sont même arrivés à l'intuition de la résurrection, non d'une manière conceptuelle mais comme le cri que nul pouvoir ne peut détruire notre vie humaine et spirituelle. La vie personnelle et la foi se sont intégrées d'une manière progressive dans un lent parcours.
 
Les autres
Dès le début ont afflué des gens de partout, en plus des gens du quartier, des professionnels de divers domaines dans une intention de collaboration, avocats, psychologues, juges, procureurs, entrepreneurs, médecins, étudiants éducateurs et travailleurs sociaux, etc. L'expression est devenue habituelle: nous venons aider et ce sont les enfants et les mères qui donnent sens à nos vies . Et quelques uns sont restés vivre parmi nous ou prennent des garçons chez eux, jusqu'à un magistrat qui, au lieu de juger un enfant l'a pris avec sa famille.
Vinrent aussi, à leur heure les insoumis et leurs mères, qui s'organisèrent comme celles des gamins de la rue, puis les “okupas”[jeunes qui occupent des locaux vides pour protester contre des injustices, le gouvernement,etc.] qui allèrent jusqu'à demander que leurs parents puissent venir à l'eucharistie. Les gitans venaient plus individuellement, mais nous accueillîmes quarante-deux membres de quatre familles qu'on avait jetées à la rue et ils furent logés deux mois et demi dans la paroisse à la fin de 1998 jusqu'à ce que, par la lutte de tous, nous ayons obtenu qu'on leur donne un logement dans un quartier gitan. Dès ce moment beaucoup se sont incorporés à la vie commune de la paroisse.
 
Au commencement de 2001 arrivèrent soixante émigrants qui sont restés environ sept mois dans la paroisse dormant sur des matelas installés à même le sol. Ils réclamaient leurs papiers mais ils n'avaient pas d'endroit où aller. En cette période nous cherchions des logements et du travail, beaucoup restant dans nos maisons, surtout les Marocains. Ils partagent nos célébrations, récitent avec nous et, quand ils sont en nombre les musulmans lisent le Coran, que nous traduisons, nous unissant aussi à leur prière, nous sentant fils du même Père.
 
En conséquence nous nous réunissons, depuis des années, gens de toute condition sociale, des classes les plus élevées aux plus basses, nous fréquentons les maisons les uns des autres et le partage s'est fait réalité et de là a surgi aussi la fête commune dans la paroisse qui fait surmonter tant de souffrance.
 
La célébration de la Foi
C'est la conséquence de ce que nous vivons ensemble, de la conjonction entre notre vie, notre lutte et notre foi, partageant maison, travail, repas, situations difficiles et la multiplication de ce que nous recevons gratuitement. Nous célébrons les Cènes du Seigneur de la manière la plus simple possible pour que la liturgie soit intelligible à tous, nous rappelant la phrase de Saint Augustin: fortiter in re, suaviter in modo. Appliquée à la liturgie: très simple dans la forme, pour que le contenu pénètre.
Avec la foi et la résurrection nous célébrons le pardon et cela aussi est un lent parcours. Le
pardon entre gamins, quelques uns très violents, notre pardon à eux, qui nous ont joué beaucoup de mauvais tours, le pardon d'eux à nous pour nos récriminations et tant de manque de patience et de compréhension. Le pardon -aux policiers, ennemis naturels, surtout ceux qui ont torturé et tué des   gamins, le pardon aux fonctionnaires des prisons ou à tel juge- a été difficile. Mais aujourd'hui ils comprennent et nous comprenons, grâce à la proximité de beaucoup d'entre eux, la différence qui   existe entre le statut social et la personne. Nous avons compris que nous accueillir et nous aider est ce qui nous donne la possibilité de changer les uns et les autres de conduite.
 
Conclusions
Le parcours de notre paroisse a consolidé une assemblée, une communauté incarnée dans le monde de l'exclusion comme lieu social, non géographique. Quelque parcours que doive faire dans l'avenir cette communauté paroissiale, les relations humaines fraternelles, solidaires et justes dont elle est faite doivent être respectées.
 
a) Nous sommes une paroisse qui vit et célèbre la foi. Nous avons trouvé dans communauté paroissiale la chance de vivre notre lien comme croyants ouverts à la situation présente et accueillis par la réalité de la marginalisation.
 
b) Nous découvrons comment le lieu social de l'exclusion est l'espace vital des préférés de Jésus. Le monde de l'exclusion sociale, qui nous appelle et nous convoque accueille notre engagement vital pour nous donner la chance de faire réalité ce qu'annonce Jésus dans le Jugement dernier: j'avais faim et vous m'avez donné à manger, j'avais soif et vous m'avez donné à boire…(Mt 25, 31-46).
 
c) Découvrir la foi de la main des pauvres nous a fait entendre que l'annonce de la Bonne nouvelle est une Parole offerte à toutes les personnes, à partir du lieu des derniers, qu'il faut incarner en “annoncer la liberté aux captifs et aux aveugles qu'ils verrons, libérer les opprimés et annoncer l'amnistie de la part de Dieu” (Luc 4, 16-21)
 
d) C'est la tâche primordiale, à partir de la communion ecclésiale, prendre soin des membres les plus faibles, pour la raison importante que Jésus fait passer la loi après l'être humain et la foi.
 
e) Le lieu social de ceux qui vivent dans la pauvreté: toxicomanes, immigrants, détenus, malades du Sida, prostituées, familles sans ressources, femmes maltraitées, personnes homosexuelles, mineurs, familles séparées… nous a amenés à célébrer la foi à partir d'expressions intelligibles et signifiantes, qui nous aident à nous reconnaître dans la communion de ceux qui se sentent disciples du Dieu de Jésus.
 
f) Vivre la foi dans l'Eglise, à partir de cette passion esperanzada que nous provoque l'évangile de Jésus, nous a lié à des personnes de tout type et de toute condition. Partager la table de Jésus a été nous y asseoir, croyants et non-croyants; athées et sceptiques; riches et pauvres… tous ceux avec qui nous ne partagions même pas initialement la foi au Dieu de Jésus. Oui, nous partageons la foi en l'être humain nu, vécue dans le style de Jésus (Mc 7, 24-30).
 
g) Il est impératif de ne pas reprendre au monde des pauvres une paroisse qui, déjà de fait, vit comme point de référence et maison où demeurer. Les exclus ont droit à avoir leur paroisse. Maintenir la communauté paroissiale, point de référence indispensable pour beaucoup de ses membres au quotidien et dans la foi, qui ne peut en aucune façon être remplacée. 
 
Entrevías (Vallecas, Madrid), juillet 2007 traduction HT
 
 
Parroquia SAN CARLOS BORROMEO
C/ Peironcely, 2 (28053 MADRID)
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 Sébastien Bourdon (1616-1671)
Saint Charles Borromée secourant les pestiférés
Huile sur toile - 38 x 47,5 cm
Collection particulière
Photo : Blondeau-Breton

 

Un bémol ....
Un concert de louange accompagne généralement les défunts. Sans occulter tout ce qui se dit en ce moment sur le défunt cardinal, Mgr Lustiger, permettez moi tout de même de mettre un bémol.
Je ne vais pas reprendre ici comment la « Coordination Jeunesse africaine en Ile de France », ex-aumônerie catholique des étudiants africains est morte en l’an 2000, (il existe un fascicule de 47 pages sur la question). Le 3 novembre 1999 un courrier nous annonçait que cette aumônerie n’existerait plus au-delà du 30 août 2000. Une belle perspective pour commencer l’année.
Je voudrais simplement rappeler que nous avons écrit très poliment aux évêques concernés, et en premier lieu, à l’archevêque de Paris et que « Nos Seigneurs » n’ont jamais daigné répondre sérieusement à nos questions.
D’où ma réaction au chapitre 16 de mon livre : « La Joie de vivre en communauté, en Afrique ou en Europe »
 
Ce n’est plus le moment de polémiquer, mais c’est une occasion de relire l’évangile et de chercher à comprendre l’autorité à la façon du Christ.
 
Je vous laisse méditer ce qui suit et qui n’est pas signé.
Gérard Warenghem
 
 
Le Lavement des pieds (Jn 13, 1-15)
 
Le lavement des pieds est un geste riche de symbolisme; geste difficile à comprendre, difficile à accepter et difficile à imiter. Et pourtant, si nous ne le comprenons pas, nous ne l’accepterons pas et si nous ne l’acceptons pas, nous ne l’imiterons pas, malgré la demande de Jésus. L’introduction solennelle à cette scène vaut pour tout le livre de la Passion, qu’elle met sous le signe de l’amour qui donne tout son sens à l’œuvre de Jésus et particulièrement à la Passion.
 
 

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Le Serviteur nous met ainsi en présence du mystère d'un pouvoir rendu efficace en s'exerçant comme un non-pouvoir. Ce mystère fait partie intégrante du mystère de la vie.
On l'ignore aux niveaux élevés où s'exerce le pouvoir des grands.
Mais on le met continuellement en oeuvre au niveau de la vie banale de chaque jour. La mère qui marche au pas de son tout-petit dans un couloir du métro se désapproprie du pouvoir qu'elle aurait de le transporter comme un objet pour aller plus vite. Mais elle croit en son enfant. Exerçant son pouvoir sur lui comme un non-pouvoir, elle rend possible sa croissance vers plus de vie.
 

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Transmis par Martine Boichot et Ernest Deiss

Hugo Chávez

Peu de gouvernants au monde font l’objet de campagnes de démolition aussi haineuses que M. Hugo Chávez, président du Venezuela. Ses ennemis n’ont hésité devant rien : coup d’Etat, grève pétrolière, exode de capitaux, tentatives d’attentat... On n’avait pas vu un tel acharnement en Amérique latine depuis les attaques de Washington contre M. Fidel Castro. ...

Voir la suite : http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/RAMONET/15003


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Lettre d'un jeune Africain à Sarkozy
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=27419

Monsieur le président,

J'ai entendu votre appel à la jeunesse africaine pour qu'elle se prenne en
main afin de développer l'Afrique, appel lancé depuis Dakar (Sénégal) le 26
juillet dernier, lors de votre première tournée subsaharienne.
Je partage la pertinence de cet appel mais je voudrais relever que vous
éludez les vrais problèmes de cette jeunesse: vos pairs africains qui nous
imposent de mauvaises politiques.


Il vaut mieux s'en prendre à ces derniers qu'à la jeunesse africaine. Cette
jeunesse qui ne croit plus aux chimères, et qui découvre, avec grande
amertume, qu'aucun avenir ne lui est véritablement préparé par ces aînés qui
ne lui ont légué que la honte, la fatalité et la misère... Bref un continent
sinistré.
Vous marchez sur les pas de vos prédécesseurs en voulant nous donner des
leçons tout en faisant semblant de ne pas comprendre nos problèmes.
Mitterrand nous avait donné de l'espoir en imposant une exigence
démocratique à nos dirigeants à la Baule. Mais vingt ans plus tard nos pays
sont toujours gouvernés pas des dirigeants corrompus (comme Bongo qui dirige
le Gabon depuis plus de quarante ans), pour qui les élections ne sont que l'occasion
de légitimer leur pouvoir en organisant des fraudes systématiques et une
répression sanglante.
Dans ces conditions, comment voulez-vous que nous prenions nos destins en
main ?

Les Français se sont-ils débarrassés des Allemands nazis par des discours au
contenu vague comme le vôtre ? Que seraient-ils devenus si les Américains n'avaient
pas débarqué sur les côtes françaises ? Que serait devenue la France sans le
plan Marshall ? Les Américains sont-ils allés à Paris avant, pour demander
aux Français s'ils voulaient leur libération quand les Allemands occupaient
leur pays ?

Ne nous demandez pas si nous voulons de la démocratie, si nous voulons que l'argent
soit investi au lieu d'être détourné. Cela va de soi, et il faut que la
France arrête de soutenir nos dirigeants corrompus qui pillent nos
ressources pour alimenter leurs comptes en banque suisses, acquérir des
biens immobiliers en France et asseoir leur pouvoir dictatorial en
entretenant des armées prétoriennes et des réseaux politico-mafieux.
Vous dites que « l'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre
malheur et que la colonisation n'est pas responsable des guerres sanglantes
que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, de la
corruption et de la prévarication ». Vous oubliez de désigner les vrais
coupables, vos pairs africains, et de dire que la politique française en
Afrique depuis 1960 a contribué à cette situation.

Louis de Guiringaud n'avait-il pas déclaré dans l'Express du 15 décembre
1979 que « l'Afrique est le seul continent qui soit encore à la mesure de la
France, à la portée de ses moyens. Le seul où elle puisse encore, avec 500
hommes, changer le cours de l'histoire » ?
Alors, monsieur Sarkozy, posez-vous la bonne question de savoir comment
aider notre jeunesse à changer le cours de l'histoire de l'Afrique en la
débarrassant des dictateurs pilleurs.

La rupture que vous prônez en France vaut aussi pour les Africains et pour
la politique africaine de la France.
Il urge de vous voir réviser cette politique trop complaisante pour vos
pairs africains en exigeant plus de démocratie et de transparence dans leur
gestion, seul gage pour l'implication des jeunes dans le développement du
continent. Il n'y a pas d'autre alternative, et nous n'aurons d'autres choix
que de vouloir quitter le continent sinistré en tentant de rejoindre l' «
eldorado européen » ou de nous libérer par tous les moyens.

Bruno TSAKADI

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A Dakar

 

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